Le malade imaginaire

stethoscope_sm Quand on est expatriés, un jour ou l’autre, il faudra aller chez le médecin. Quand on est seul et en bonne santé, ce moment m peut se trouver très loin dans le futur.
Une fois marié ou en couple, même si Madame est en bonne santé, des jambes cassées ou des trucs comme ça semblent arriver plus facilement (lien de cause à effet ? Plus de sport ? Mystère). Donc forcément le passage par le m.d. (ce que l’on appelle bêtement un docteur en français alors que c’est un abus de langage ou une ellipse) se rapproche.

En étant en couple, souvent après quelque temps, nous sommes trois – et je ne parle pas de notre fidèle ami à quatre pattes, mais du truc qui arrive après neuf mois plus ou moins. Oui, ça fait peur : "un bébé", c’est bien ça ! Ah, non, je vous arrête de suite, il n’y a pas de numéro trois de prévu dans les prochains temps, c’est juste pour présenter le sujet🙂 .

Continuons donc un peu. Lorsque l’on va chez le médecin en France (oui, “chez” et non pas “au” je vous laisse chercher des exemples d’emploi de la préposition “au” je suis persuadé que vous allez en trouver des intéressants), on va le plus souvent le (ou la, mais bon, on va employer le masculin, sinon on ne finira jamais) voir à son cabinet. En Allemagne, c’est pareil : une petite fatigue, un bouton qu’on presse et rien ne se passe (hum, côté geek là :)) , donc on va voir le médecin.

Déjà une petite différence entre la France et l’Allemagne : à moins d’être complètement HS, le médecin en Allemagne consulte exclusivement à son cabinet, et donc ne fait pas de visite à domicile. C’est un peu déroutant au début, il faut bien l’admettre : Madame ne peut bouger et est complètement patraque et il faut l’emener voir le généraliste qui n’est pas forcément à côté. Bon on s’y fait, en râlant, en bon français que l’on est, mais on s’y fait. Ah, bien entendu, il y a des différences au niveau de la langue (les spécificités médicales étant rarement abordées dans les cursus scolaires), mais à part ça, il n’y a pas de trop grosses différences aussi loin que je m’en souvienne.

Maintenant entre la médecine en Europe et en Malaisie, ça se corse (euh, non, pas le pays de Napoléon).

Une première chose, c’est l’emploi des termes “clinique” et “hôpital”. En France, c’est plus ou moins la même chose : un grand bâtiment où plusieurs toubibs bossent et où les patients peuvent rester quelques jours après opération ou pour observation. La différence, si j’ai bien suivi, se trouve principalement du côté de l’origine des fonds (privés pour la clinique). En Malaisie, une “clinique” (en anglais clinic ou en malaisien klinik – oui, un jour si j’y pense je parlerai des langues :D), c’est l’équivalent de notre cabinet (un ou plusieurs docteurs qui donnent des soins et consultations). Quant aux hôpitaux, ben c’est tout le reste, que les fonds soient privés ou publics.

Après, il y a encore les spécificités de quelle clinique ou quel hôpital est reconnu ou non par votre employeur. En gros, ça veut dire si vous allez être remboursé ou non pour les frais que vous avez eus (et je ne parle pas des officines reconnues-oui-mais-non).

Toujours dans les joyeusetés locales, en étant expatrié, il y a des trucs marrants dans les contrats, en ce qui concerne les couvertures maladies. Par exemple, vos enfants ne sont couverts que jusqu’à l’âge de 18 ans, même si ils sont encore étudiants. Et en parlant d’enfants, encore plus drôle : seuls deux enfants sont couverts, c’est-à-dire pris en charge en ce qui concerne la santé.

Donc si jamais un troisième enfant arrive dans une famille d’expats, si ils ont le même employeur que moi, imaginer le dialogue entre les parents et le tout jeune bébé :

  • cher(e) toi, nous sommes très heureux que tu fasses partie de la famille
  • areuh ?
  • mais on doit te dire, il faut que tu sois en pleine santé, dès maintenant, depuis ton arrivée…
  • areuh ?
  • oui, c’est comme ça, tes frères et soeurs sont couverts sans problème, mais toi t’es l’enfant de trop.
  • areuh ?
  • faut comprendre, la boîte a dit sur le contrat : “un maximum de deux enfants de l’expat est couvert pour les dépenses de santé. Pour les autres demerden-sie sich”.

OK, un expat gagne plus (merci l’OCDE), mais n’oubliez pas que l’on ne vit pas de la même façon hein. Rien qu’en livres pour toute la famille, notre budget mensuel doit être proche du salaire moyen local, si ce n’est pas plus. Aussi, imaginons que votre troisième enfant ait le malheur de chopper la pneumonie, hop facture de l’hôpital, près de MYR 3000 (deux fois le salaire moyen local). Comme quoi le salaire d’un expat dans une boîte local peut partir très vite en frais de santé.

Voilà un premier billet ou premier post (oui sans –e à la fin) sur la santé “ici”. Un prochain, plus court (j’espère🙂 ) est déjà en préparation sur les médicaments.

Bien à vous.

Remarque : il y a salaire d’expatrié et salaire d’expatrié. Un gars (ou une fille) expat qui bosse dans une boîte locale aura un plus gros salaire qu’un « local » bossant dans la même boîte. Mais ce salaire sera beaucoup plus petit que le salaire d’un expat bossant pour une boîte étrangère dans le même pays. Et puis ça dépend des pays aussi, mais c’est surtout vrai pour les pays en développement comme la Malaisie. Mais là n’est pas le sujet du jour🙂.

  1. Tim
    23 février 2010 à 7:11

    Etant donne que je ne suis pas expat’ au pur sens du terme (je suis employé par une boite locale) et que c’est « juste » en Allemagne, je ne peux pas parler des conditions de couverture maladie.

    En revanche je confirme le coté flippant qu’il y a a aller chez le toubib à l’etranger et c’est pareil chez le dentiste et – a moindre mesure – « au coiffeur » aussi d’ailleurs🙂

    Pas facile de décrire ce qu’on a quand on a été obligé de chercher « toux » et « nausée » dans le dico dans la salle d’attente… et surtout qu’on esf rarement dans son état normal dans ces cas là. Mon premier employeur ici demandait un certif dès le premier jour d’arrêt et comme tu dis le doc’ ne se déplace pas chez toi. J’ai un souvenir douloureux de tenter d’expliquer par 39.5 de fièvre avec un marteau piqueur dans la tete a la secretaire pourquoi j’ai pas pris rendez-vous ^^

  2. R
    1 mars 2010 à 5:04

    Oui, déjà dans « nos » pays, c’est plus ou moins l’angoisse lorsque l’on va voir un médecin, mais à l’étranger c’est pire.

    Cela dit, même en ayant été en Allemagne, je ne me suis jamais senti spécialement « expat' » là-bas : Strasbourg étant à moins d’une heure de là où nous habitions, c’était facile de faire la navette…

    Je crois même que je n’ai pas été souvent voir un coiffeur en Allemagne… Deux fois en cinq ans ! Mais hop, weekend, chez les parents et puis 15-20 minutes au coiffeur habituel, sans doute.

    Par contre en Malaisie…

  1. 20 avril 2010 à 3:16

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